Quel est votre parcours ?
Après avoir commencé une licence d’italien à l’Université Jean Monnet, j’ai été sollicité en 2010 par Nathalie Trescartes pour remplacer Fabrice Goupil sur les cours d’accordéon diatonique et de cornemuse à l’école de musique de l’Ance à l’Arzon.
Comme je prenais bien plus de plaisir dans l’enseignement et la pratique musicale que dans mes études universitaires, j’ai décidé de m’engager dans cette voie en préparant un DEM de musiques traditionnelles au CRR de Limoges. Voyant que c’était pour moi le bon chemin, j’ai poursuivi ma formation au Cefedem AURA, où j’ai obtenu le DE d’accordéon diatonique. Parallèlement, j’ai enseigné dans plusieurs structures : le FJEP La Métare à Saint-Étienne (où je travaille encore aujourd’hui), l’école de musique des Brayauds (63), le Centre Musical du Haut-Pilat et l’École intercommunale du Haut-Lignon. En 2016, j’ai repris la direction de l’école de musique de l’Ance à l’Arzon, devenue depuis septembre 2024 une antenne des Ateliers des Arts.
êtes-vous musicien d’un ensemble ?
Actuellement je suis musicien et chanteur au sein du groupe Los Cinc Jaus, groupe qui s’est spécialisé dans les répertoires des musiques traditionnelles de Haute-Loire. C’est réellement un groupe d’amis qui m’a apporté beaucoup de choses, et qui continue de la faire, que ce soit sur le plan personnel en tant que musicien, mais aussi sur le plan professionnel à travers les ressources et une bien meilleure connaissance du territoire altiligérien par le biais des collectes réalisées sur le Département.
Qu’est-ce QUI VA A CONDUIT VERS VOTRE MÉTIER ACTUEL ?
Plusieurs raisons je crois ! parmi celles-ci il me semble que quand on a reçu beaucoup, on a envie de le rendre d’une manière ou d’une autre. Pour moi, cela a été la volonté d’essayer de faire aussi bien que les profs qui m’ont accompagné dans ma formation.
J’ai aussi un attachement particulier aux répertoires de Haute-Loire, et donc l’envie de les partager. Et puis le diato a été pour moi, qui étais de nature très réservée, une manière de m’ouvrir et de dire des choses pour lesquelles je n’avais forcément pas les mots.
Donner l’occasion à d’autres de s’ouvrir à cette forme de langage, c’est aussi une motivation personnelle.
Racontez une anecdote OU un souvenir qui vous a marqué au conservatoire.
J’ai en mémoire tous les projets qu’on a pu faire et qui mélangeaient les différentes classes, les concerts avec les chromas, Zicatouva, les orchestres … Ah si ! participer à l’enregistrement du disque « 20 ans déjà », ça c’était un truc de dingue ! se retrouver en studio quand tu es gamin c’est une expérience folle et surtout ça m’a donné envie de renouveler l’expérience et faire des disques ensuite.
COMMENT DÉCRIVEZ-VOUS L’AMBIANCE OU L’ESPRIT DU CONSERVATOIRE à l’époque où vous y étiez ?
Pour commencer c’était à l’époque une école nationale de musique, dans laquelle on se sentait bien. Il faut dire aussi que les trads nous avions la chance d’avoir un Yves Becouze qui nous poussait sans cesse à jouer, à faire des groupes, à sortir. Il nous a donné bien plus que de «simples» cours de diato et son investissement dépassait de très loin les limites de sa salle de classe. Très gros respect pour le monsieur !
Le conservatoire en 3 mots
Une porte ouverte
Qu’est-ce que cela vous a apporté d’être élève au conservatoire dans votre activité aujourd’hui ?
Le rapport à la scène, oser essayer de nouvelles choses et s’ouvrir à d’autres esthétiques, créer des liens forts, à la fois musicaux et humains. C’est une vraie expérience de vie et un lieu particulier le conservatoire, particulièrement au Puy où l’ambiance est vraiment pensée pour permettre tout ça. Tout ce que j’y ai appris me sert tous les jours et a donné naissance à une quantité d’expériences et de moments incroyables.
Quel est le meilleur conseil que vous avez reçu au conservatoire ?
Vas voir ailleurs ! Même si on peut apprendre tellement de choses au conservatoire, il ne faut pas s’en contenter. Aller faire des stages, rencontrer d’autres artistes, se former dans d’autres régions, c’est tout aussi important. Nous sommes une étape et c’est très bien ainsi !
Quels sont vos goûts artistiques aujourd’hui ?
Je peux passer mes semaines à écouter des musiques et des chants traditionnels du monde entier, mais sinon j’écoute vraiment de tout. J’ai quand même besoin d’arriver à me rattacher à une ligne mélodique, ce qui fait que j’ai un peu plus de mal avec certaines musiques minimalistes ou répétitives par exemple … mais sinon je peux être touché par n’importe quel style. J’aime bien me laisser surprendre quand je suis en situation d’écoute. Et comme beaucoup, j’ai bien plus de sensation en écoutant de la musique en live.
Un conseil pour nos élèves ou nos futurs élèves ?
Éclatez-vous, profitez à fond de tout ce que vous pouvez vivre ici, rencontrez plein de monde, osez, essayez ! Et si vous sentez que vous arrivez au bout de quelque chose, allez voir ailleurs et revenez pour qu’on partage ce que vous aurez vécu.