Quel est votre parcours ?
Élève en musique à l’école nationale du Puy de 1991 à 2005 (clarinette…), cette pratique a notamment nourri mon envie d’évoluer dans le domaine culturel. Puis mes études universitaires dans l’organisation culturelle (DUT Gestion Administration option Arts, Licence Développement et protection du patrimoine culturel, Master 1 Sciences Humaines et sociales, culture, territoire, patrimoine et Master 2 en Droit, économie, gestion de projets culturels) m’ont permis de construire un réseau professionnel solide et de m’insérer rapidement dans la vie active. J’ai ainsi exercé à La Chaise-Dieu, en tant que chargée de mission culture et programmation d’un auditorium, pendant 10 ans. En parallèle, j’ai obtenu des concours de la fonction publique territoriale. En 2020, j’ai rejoint les Ateliers des Arts, lieu emblématique de mon enfance. Jamais je n’aurais imaginé, à l’époque, y travailler un jour !
êtes-vous musicienNE d’un ensemble ?
Depuis mon arrivée aux ateliers des arts, j’ai repris la pratique de la clarinette et intégré l’harmonie de l’agglomération. Je prends énormément de plaisir à jouer dans des ensembles. Jouer à plusieurs, c’est créer une alchimie entre les musiciens, c’est partager une énergie commune forte, puissante, vivante.
Qu’est-ce QUI VA A CONDUIT VERS VOTRE MÉTIER ACTUEL ?
Ce sont avant tout des rencontres et la curiosité. J’ai grandi dans une famille où la musique avait une place importante, ce qui m’a naturellement sensibilisée au monde artistique. Lors de nos retrouvailles familiales, nous imaginions et réalisions des comédies musicales, des sketchs et des projets collectifs. Ces expériences m’ont permis de découvrir le plaisir de créer ensemble, mais aussi d’aimer concevoir, organiser et faire aboutir des projets. C’est ainsi que s’est construit mon attrait pour les métiers culturels, à la croisée de l’artistique et la coordination de projets.
Racontez une anecdote OU un souvenir qui vous a marqué au conservatoire.
Mes souvenirs du conservatoire sont nombreux et se mêlent encore aujourd’hui. Je revois les auditions annuelles, très exigeantes, et le spectacle interminable de fin d’année au palais des spectacles à Vals, où l’on s’amusait à faire les contre temps sur les applaudissements de rappels. Je garde aussi en mémoire les lieux eux-mêmes : les anciennes salles de cours au parquets en bois usés, le grand escalier de l’entrée, et cette montée jusqu’au 2ème (ou 3ème étage ?) au fond de la cour pour rejoindre la salle de clarinette.
COMMENT DÉCRIVEZ-VOUS L’AMBIANCE OU L’ESPRIT DU CONSERVATOIRE à l’époque où vous y étiez ?
J’ai l’image des ces auditions de piano, clarinette, avec parfois des méthodes d’apprentissage un peu ancienne, mais au-delà de cela, l’esprit de cette école reposait sur de nombreux projets collectifs, fédérateurs, qui permettaient de vivre des moments forts. Ces expériences créaient un véritable sentiment d’appartenance. A vrai dire, l’école de musique était pour moi ma deuxième maison, j’y passais beaucoup de temps.
Le conservatoire en 3 mots
Rencontre, Épanouissement, Se construire
Qu’est-ce que cela vous a apporté d’être élève au conservatoire dans votre activité aujourd’hui ?
Forger ma sensibilité artistique, aiguiser mes oreilles, vibrer car la musique prend au tripe, façonner mes goûts et ouvert mon rapport au monde… La connaissance de la musique constitue une véritable « carte bonus » dans le milieu professionnel.
Quel est le meilleur conseil que vous avez reçu au conservatoire ?
L’enseignement de R. Brunon en formation musicale m’a particulièrement marqué. Je travaillais peu, voir pas, mais sa passion, sa bienveillance et son écoute créaient un véritable encouragement à progresser. Il savait (et même je dirais il sait) transmettre l’envie d’explorer la musique. Qui m’aurait dit un jour qu’il serait mon collègue de travail ?!
Quels sont vos goûts artistiques aujourd’hui ?
Il y en a beaucoup. Et les goûts varient selon l’humeur. En musique, j’écoute actuellement beaucoup Roberto Fonseca. J’aime aussi les choses minimalistes très fines comme Vincent Peirani et Emile Parisien. Mais il y a aussi : Ana Carla Maza, Gael Faye, Fauré, Dhafer Youssef, Jacob Collier, Piazzolla, Yaron Herman, Avishai Cohen, Yom… et bien d’autres encore. La littérature, le cinéma, les expos font également partis intégrante de mon univers. Parmi mes dernières découvertes « pépites » marquantes, en livre, « Là où chantent les écrevisses » de Delia Owens et en film, je dirai que c’est « Oranges sanguines » de JC Meurisse. Mais encore une fois, il y en a tellement…
Un conseil pour nos élèves ou nos futurs élèves ?
Faites-vous plaisir, profitez, vibrez, vivez, écoutez, amusez-vous, et osez sans limite. Allez voir des spectacles, des concerts, des expositions… Persévérez, mettez-y tout votre cœur, vos tripes… Soyez curieux, ouverts et restez humble.
