Quel a Été votre parcours

Depuis mes études au conservatoire en trombone, je me suis spécialisé en direction d’ensemble instrumentaux au Conservatoire de Chalon sur Saône. J’ai ensuite obtenu le Diplôme d’État de direction d’ensemble instrumentaux, puis le concours de Professeur d’Enseignement Artistique Chargé de Direction et très récemment l’examen professionnel de Directeur d’Établissement d’Enseignement Artistique.

Mon activité artistique s’est polarisée autour de la direction et de la composition. C’est toujours extrêmement ressourçant de plonger dans de tels projets artistiques, cela mobilise, oblige à sortir de sa zone de confort et interroge toujours mes pratiques pédagogiques. J’espère qu’elles s’enrichissent de ces expériences.

Qu’est-ce QUI VA A CONDUIT VERS VOTRE MÉTIER ACTUEL ?

J’ai un parcours atypique. Et comme un brillant intervenant le mentionnait dans une formation récente, il n’y a que des parcours atypiques. Rien ne me destinait au poste qui est le mien aujourd’hui. Désiré Dondeyne, un chef d’orchestre et compositeur pour orchestre d’harmonie avec qui j’ai eu le privilège de suivre des cours d’écriture et orchestration, disait avec humour : au début on veut être instrumentiste, et quand on se rend compte qu’on est trop mauvais on dirige des orchestres, et quand on se rend compte qu’on est trop mauvais on dirige des conservatoires. Je sais donc où j’en suis.

Racontez une anecdote OU un souvenir qui vous a marqué au conservatoire.

Je me souviens d’un projet porté notamment par Pascal (Bertrand) et Yves (Becouze). Ils avaient créée un ensemble de cuivres, hautbois trad et percussions pour jouer au carnaval du Puy. Il a réuni des élèves de tous niveaux, de toutes générations, des musiciens amateurs de formations extérieures au conservatoire, en allant à la rencontre d’un public très large, le tout avec une exigence artistique mais aussi, et peut être surtout, une extrême bienveillance et un grand soin à ce que tout le monde se sente valorisé. Moi qui à l’époque doutait de tout, ce projet m’a vraiment semblé exemplaire.

COMMENT DÉCRIVEZ-VOUS L’AMBIANCE OU L’ESPRIT DU CONSERVATOIRE

À l’image de son équipe pédagogique, investie, dynamique, fédératrice et stimulante. Seuls les locaux n’étaient pas à la hauteur (ce qui n’est plus le cas aujourd’hui et il faut dire un grand merci et ne pas oublier ceux qui ont initié cette métamorphose) . Certains professeurs ou directeurs, au-delà de leurs profondes compétences, étaient très charismatiques et ont représenté (et représentent toujours) pour moi des exemples, des références.

Le conservatoire en 3 mots

Rencontrer le beau.

Qu’est-ce que cela vous a apporté d’être élève au conservatoire dans votre activité aujourd’hui ?

La légitimité, les diplômes, les rencontres de personnes passionnées et merveilleuses, la reconnaissance, et pour moi qui vient d’un milieu familial sans musiciens, très modeste, et vivant dans la ruralité, cela m’a permis de m’ouvrir et de me sentir enfin « à ma place ».

Quel est le meilleur conseil que vous avez reçu au conservatoire ?

« Prends la parole et ne t’excuses pas de la prendre » ou « On a la légitimité qu’on se donne ». Ce que j’ai toujours eu beaucoup de mal à assumer mais je continue de progresser et de faire de mon mieux en acceptant les expériences et leurs enseignements.

Quels sont vos goûts artistiques aujourd’hui ?

J’ai des goûts très éclectiques. J’adore la peinture, la poésie et la musique bien sur. Si je devais citer quelques artistes qui me touchent je dirais en peinture (il y en a trop): Turner, Fernand Léger, Van Gogh, Chaggal Pollock, Klimt, Jérôme Bosch, Rembrandt…, en poésie Verlaine Baudelaire ou Aragon, et en musique (il y a en a beaucoup trop) : Émile Parisien en jazz, Schubert pour le classique, Montserrat Figueras et Jordi Savall pour la musique vocale médiévale et renaissance, Tindersticks en rock-folk, Léo Ferré en chanson française, Rosemary Standley… les musiques traditionnelles, et l’Opéra d’une manière générale curieuse et passionnée.

Un conseil pour nos élèves ou nos futurs élèves ?

Ce serait bien difficile ou prétentieux, car seul les élèves dans leur intimité sont capables d’identifier ce qui relève du conseil précieux qui résonne comme une évidence, ou d’un conseil dont on ne saisit pas toujours tout le sens. Je dirais avant tout : immergez vous, aiguisez votre sens critique, laissez vous surprendre, soyez curieux et patients.